L’aide au développement en Afrique :
Etat des lieux et perspectives.
Du 29 novembre au 1er décembre 2012 se tiendra à Dakar le premier symposium de l’Institut Afroacademy. Ce grand rendez-vous entend contribuer au renforcement des objectifs de notre jeune Think tank qui se veut être un cercle de réflexion pour la promotion de l’initiative africaine.
1- Contexte et justification
A l’instar des objectifs du millénaire pour le développement, l’éradication de la pauvreté et le développement durable constituent, plus que jamais, des enjeux pour l’Afrique. Cette situation a créé des opportunités nouvelles, mais elle est également à l’origine de nouveaux défis. Le continent africain dispose-t-il des ressources tant financières qu’humaines pour faire face à ces défis dans ce monde de plus en plus globalisé et interdépendant ? L’Afrique est toujours confrontée à un seuil de pauvreté qui a atteint des proportions des plus inquiétantes ces dernières années et ce, malgré d’importants investissements financiers consentis par les bailleurs de fonds.
Dans un sens général et générique, l’aide au développement renvoie au support matériel et financier consenti par les pays riches aux pays en développement. Suivant une définition du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), sont considérés comme éléments de l’Aide Publique au Développement (APD), les flux financiers provenant d’organismes officiels y compris, l’Etat et les collectivités locales. Ils doivent néanmoins, répondre aux critères suivants : (a) avoir pour objectif principal de promouvoir le développement économique et le bien-être des pays en développement et (b) avoir un caractère concessionnel et comprendre un élément de don d’au moins 25% (au taux d’escompte de 10%). L’APD peut être multilatérale ou bilatérale. Envisagée sous le premier aspect, elle constitue l’ensemble des dons ou prêts provenant des organisations internationales, communales et représenterait 20% de l’APD. Quand elle est bilatérale, elle est pourvue directement par un Etat et reversée à un autre. Elle s’élèverait à 65% de l’APD.
L’aide au développement reste l’objet de nombreuses controverses. Certains pensent, en effet, qu’il est le moyen idéal pour réduire l’écart entre les pays développés et les pays en développement. D’autres considèrent qu’en finançant des projets couteux de développement économique, les occidentaux continueraient de s’arroger un droit de regard sur la vie politique et économique de leurs anciennes colonies. Ces critiques renvoient directement à la politique de l’aide au développement. Les conditionnalités de cette aide sont-elles fondées sur des critères objectifs ? Pour les pays en développement, l'aide provenant des pays donateurs et les organismes multilatéraux ne représente pas, en valeur, l'apport externe le plus important. En effet, concernant le transfert de fonds effectués par les migrants issus des pays en développement, les chiffres prévus en 2012 tourneraient autour de 325 milliards de dollars contre 307 milliards en 2009. En 2010, la part de l’Afrique s’élevait à 21,5 milliards de dollars pour la zone subsaharienne et 18, 2 milliards pour le reste du continent.
L’aide privée au Développement (ApD) – qui est plus récente – est celle accordée par des organismes privés et, les Organisations Non Gouvernementales (ONG) en sont les principales actrices. Cette aide vient-elle concurrencer l’aide publique au développement qui est de plus en plus décriée par certains spécialistes notamment dans les pays en développement ? Serait-elle une alternative viable à l’APD ?
Ce symposium organisé par l’Institut Afroacademy, sera l’occasion d’établir un véritable diagnostic sur la question de l’aide au Développement en Afrique. Il permettra en outre, d’analyser toutes les spécificités qui y sont relatives et d’envisager son avenir dans nos Etats.
2- Objectifs du Symposium
Cette rencontre de 72 heures permettra d’ouvrir une large discussion sur le sujet de l’aide au développement et de voir son impact sur notre continent. Ainsi, différentes activités telles que des conférences, ateliers de réflexions ou encore des débats seront proposées tout au long de ces journées. Ces activités scientifiques permettront de procéder à des analyses de la question sous plusieurs angles (économique, politique, santé publique, sociologique etc.) pour tenter de créer un cadre de dialogue approfondi entre les bailleurs et les bénéficiaires avec une participation de la société civile.
L’Institut Afroacademy souhaite également passer au crible l’épineuse question de l’aide au développement afin de mesurer son efficacité et proposer des solutions pour la réalisation des objectifs de développement. Il s’agira ainsi de porter un nouveau regard sur le sujet et d’envisager des pistes nouvelles.
3- Résultats attendus
Ces trois jours d’échanges, devraient permettre à l’ensemble des participants de dresser un état des lieux et dégager de nouvelles perspectives sur l’aide au développement pour l’Afrique. A l’issue de ce symposium, une masse de propositions et de recommandations sera collectée sur la base des communications des intervenants ainsi que des débats et échanges lors des ateliers. Ces réflexions bénéficieront d’une large diffusion auprès de l’ensemble des parties prenantes de l’aide au développement qui pourront servir de relais notamment en les intégrant dans leur politique. Elles seront également accessibles sur le site Internet de l’Institut Afroacademy (www.afroacademy.com).
4- Structure de la communication
Les propositions de communication doivent présenter un lien direct avec le thème de l’aide au développement. Elles peuvent s’inspirer des pistes de réflexion dégagées à travers les différentes questions posées ci-dessus. Aussi, la formule retenue étant celle d’un état des lieux et d’un nouveau regard sur la thématique, toute proposition de communication dont l’objet porte sur l’avenir de l’aide au développement en Afrique et les nouveaux instruments utilisés par les acteurs de cette aide, feront l’objet d’une attention particulière par le Comité scientifique.
Le plan du symposium prévoit une intervention d’une durée allant de 20 à 30 minutes pour chaque communicant. En plus de ces communications, se tiendront des conférences animées par des chercheurs, experts de divers horizons.
5- Modalités de soumission de proposition
Vos propositions d’environ 2500 signes (espaces et notes de bas de page non inclus), doivent être adressées au plus tard le 15 août 2012 au Comité scientifique via l’adresse électronique suivante : redaction@afroacademy.com.
L’acceptation sera notifiée aux communicants au plus tard le 15 septembre 2012. Les textes définitifs des communications devront parvenir au Comité scientifique le 30 octobre 2012 au plus tard.
Le symposium est ouvert à divers approches de l’Aide au Développement. Ainsi en dehors des conférences. Il est prévu 4 ateliers sur les sous-thèmes suivants :
1- L’aide au développement en matière de santé publique
2- L’aide au développement en matière d’éducation
3- Les solutions et conditionnalités pour une meilleure efficacité de l’APD
4- Les alternatives à l’APD : ApD, les partenariats Sud/Sud…
NB : Les propositions seront évaluées de manière anonyme par un comité scientifique incluant des professeurs.
- Les coordonnées de l’auteur doivent être complètes : nom, prénoms, discipline et/ou fonction, appartenance professionnelle mais aussi adresses postales complètes et numéro de téléphone.
- Le Comité scientifique examinera vos contributions à portée scientifique dans l’optique de discussions libres. Elle devra être bien présentée, synthétique et accompagnée d’une bibliographie significative. L’utilisation du Power Point serait mieux appropriée. Cependant, elle doit de la manière la plus stricte, respecter le temps demandé.
Comité Scientifique :
Président : Professeur Moustapha Kassé
Doyen Honoraire de la Faculté des Sciences Economiques Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Président de l’Ecole de Dakar. Membre des Académies de Sciences Techniques.
El. Ibrahima SALL
Economiste, Ancien Ministre du Plan et de la Coopération du Sénégal, ancien Directeur Général de l’IPRES, ancien Directeur à la Banque de l’Habitat. Il est auteur de nombreux ouvrages.
Babacar NDIAYE
Président de l’Institut Afroacademy
Ndeye Astou Ndiaye
Secrétaire Général de l’Institut Afroacademy
Aboubakar Sylla
Directeur Administratif et Financier de l’Institut Afroacademy
Sources : Factbook 2011, de la Banque Mondiale.